Septembre/Octobre

Elles sont finies, les vacances. Terminées.
Terminée, l’époque des prélassements flemmards, bercés par le clapotis de l’eau. Terminés, les barbecues gourmands partagés entre amis, l’herbe verte qui te chatouillait les orteils dénudés. Terminée, la douce sensation de la première gorgée de mojito, celle qui rassasie un gosier asséché par l’air marin. Ah, quelles étaient belles ces randonnées à bicyclette, jupe au vent et cheveux sauvages…
Terminé, tout ça ! Fini !
Ciao bonsoir, c’est la rentrée. Plus le temps de rien, et la grisaille pointe déjà là-bas, à l’horizon. L’été indien, c’est une légende urbaine vaguement ressassée par les climato-optimistes. La seule eau claire dans laquelle tu te baigneras désormais, ce sera celle de tes larmes devant Thalassa.
Non, rien n’y fera, ça va être dur.
De toute façon même tes vacances n’étaient pas si bien, à y réfléchir. Le soleil était trop chaud, la mer trop froide, et les gens trop moches. Et regarde, tes photos sont floues de toute manière. Tout ce que tu en as tiré, c’est cinq kilos en plus et un nouvel abonnement à Basic Fit. Les nouvelles étaient catastrophiques, sauf pour ceux qui les écrivaient. Les fourchettes en plastique du dernier pique-nique ont réveillé ta culpabilité écologique à chaque bouchée de taboulé. D’ailleurs on ne sait même pas si c’était
vraiment du taboulé, avec ce qu’ils mettent dedans.
Il a fallu acheter vite fait de quoi préparer la rentrée, et de toute façon ta trousse ne sera jamais remplie, tout coûte trop cher. Ils n’en ont pas parlé, de ta trousse, au G7. D’ailleurs on ne sait même plus à quoi il rime, ce G7. On ne sait plus si c’est les sept familles, les sept mercenaires, les sept péchés capitaux ou bien les sept nains. On pige que dalle, rideau. Et d’ailleurs ils sont où, les gilets jaunes ?
Rien à faire, c’est la déprime totale.
Sauf si tu lis ce programme, et que tu t’aperçois qu’on est de nouveau là
pour notre quinzième saison.

La Jazz Station.