Mai

A l’heure où ces lignes sont écrites, la plus grosse bombe non nucléaire de l’histoire des Etats-Unis vient d’anéantir un complexe de l’EI en Afghanistan. En regardant les images, ce que l’on voit, finalement, c’est du vide et des flammes. Une montagne qui explose. Bilan, plusieurs dizaines de morts, et une bombe qui a coûté 15 millions d’euros. Un montant astronomique (on ne vous parle pas de ce que l’on pourrait faire avec cette somme), pour un symbole guerrier. Une bombe n‘est pas un jouet, mais on tend à l’oublier, à le banaliser. Cette bombe, c’est la démonstration écœurante d’une absence totale d’états d’âme quant à l’usage de la brutalité. A l’heure des tomahawks, des armes chimiques et de la spirale de l’horreur, à l’heure où tout porte à croire que les guerres et combats actuels sont avant tout motivés par des fins économiques, cela pose bien sûr question.

Qu’est-ce que la culture, aujourd’hui, et que peut-elle encore ? Tout, bien sûr. Réparer, rassurer, rassembler. Créer une identité, aussi, personnelle et collective. Cette identité est une réalité complexe, multiple, ambiguë. Sur le plan strictement culturel, rien n’est moins évident que de donner à notre Europe des frontières claires et consensuelles. On parle alors d’Europe des cultures, avec justesse sans doute.

D’ailleurs cette Europe, chaque année, propose une étude de l’appréhension de la culture par ses habitants. Et le résultat est percutant. Par exemple, seulement 5% des sondés ont répondu avoir été au moins 5 fois à un concert dans l’année. Quand on pense à la richesse et la diversité de l’offre musicale en Europe, cela intrigue. Quelles sont les raisons d’un si petit chiffre ? Pire, ce qui ressort de cette étude, c’est que les principales raisons du non-accès à la culture sont le manque de temps (46%), le prix trop élevé (29%) et le manque d’intérêt (27%).

Face à ce constat déroutant, et face à l’absurdité des dépenses faites à des fins de destruction plutôt que de construction, nous nous efforçons chaque saison de trouver un équilibre. Celui d’une programmation ouverte, séduisante, curieuse et accessible à tous. Et surtout, de lutter contre l’idée reçue que la culture est inutile et coûte trop cher.

Contrairement à la finance, la culture enrichit tout le monde.

La Jazz Station.