Février

Janvier et la folie des festivals, c’est fini !
Beaucoup d’eau aura coulé sous (et sur) les ponts de la capitale, et vous étiez plusieurs milliers à arpenter les pavements bruxellois pour naviguer entre les styles, et accoster dans les diverses - mais toujours surprenantes - salles de la ville.
L’année 2018 reprend son rythme, et la Jazz Station entame une jolie croisière au gré des vents. Fidèle à notre habitude, un programme finement concocté, parfois téméraire (SHIJIN, le 17 février), mais toujours curieux et séducteur. L’occasion de marquer notre confiance envers de solides projets, portés par le fleuron de la scène belge, mais aussi de mettre en avant notre goût pour les rencontres, et faire honneur à cette musique aux mille saveurs.
Pour commencer ce court mois de février, deux projets étroitement liés. Le Jazz Station Big Band (programmé désormais mensuellement, nouveauté 2018), qui ouvrira le bal, est en effet une émulation du quartet de Michel Paré. Hasard de programmation, les deux concerts se succèderont la même semaine, et vous aurez ainsi la possibilité de découvrir leur univers riche et puissant. Rebirth::Collective n’est pas un Big Band, mais neuf musiciens sur scène, ça déménage toujours ! Formation protéiforme, ce groupe plein de surprises réunit en son sein ce qui se fait de mieux en Flandres. Trois groupes pour commencer le mois, de magnifiques compositions, des arrangements léchés, voilà qui ravira vos oreilles !
Ensuite, dans la seconde partie ce seront des rencontres internationales qui vous seront proposées. Le projet SHIJIN d’abord, avec quatre immenses pointures du jazz contemporain, puisera ses inspirations aux quatre coins du monde pour proposer une musique spirituelle et organique. En clôture, la rencontre prolifique entre le magicien du soprano Mikael Godée et l’incroyable Eve Beuvens (piano), qui préparent un nouvel album. Leur précédent opus, MEQ, était un régal.
L’occasion aussi de souligner une question qui revient souvent à nos oreilles. Pourquoi y a-t-il si peu d’artistes féminines dans le jazz (mais aussi ailleurs) ? Programmer une artiste parce que c’est une femme n’est pas forcément positif à nos yeux. Ce serait encore plus sexiste de penser de la sorte. Avant tout, ce sont des musiciens. Nous écoutons la musique. Mais cela ne veut pas dire que nous nous voilons les yeux. En soutenant les Conservatoires, les Académies, force est de constater que beaucoup de jeunes femmes se lancent dans l’aventure et finissent par baisser les bras. En parallèle, nous souhaitions faire (re)découvrir d’incroyables artistes tout au long de la saison. Cymin Samawatie, Eva Klesse, Natalia Mateo, Chrystel Wautier, Anna Lund, Ebba Westerberg, Eve Beuvens, mais aussi – à venir - Veronika Harcsa, Pauline Leblond, Nathalie Loriers, Marjan Van Rompay, Rebekka Van Bockstal, sont autant d’inspirations qui, on l’espère, ouvriront la voie à de nouvelles générations de musiciennes.

La Jazz Station.